1 – Musique : “Human”
Aujourd’hui, le temps semble s’être arrêté.
Vous êtes tous réunis avec le cœur lourd, parce que Sébastien vous a quittés.
Quarante-six ans… bien trop tôt, bien trop jeune, bien trop vite. Il laisse derrière lui un vide immense, mais aussi une trace lumineuse dans vos vies.
Sébastien est né en 1979. Il a grandi comme beaucoup d’enfants, simplement, tranquillement, avec une scolarité classique. L’école ne lui déplaisait pas, mais c’est à l’adolescence que son tempérament s’est affirmé. Cette période où certains se cherchent… lui, il la vivait. Intensément. Il a découvert la liberté, les amitiés fortes, les bêtises aussi – parfois nombreuses. Il était turbulent, insolent de vie, débordant d’énergie. Il a fait les 400 coups, et ceux qui l’ont connu jeune savent combien son rire, son regard malicieux, sa façon d’aller au bout de ses envies pouvaient illuminer une journée.
Très tôt, une passion s’est imposée à lui : le judo.
Sur le tatami, il trouvait un espace où sa force, sa fougue, son caractère prenaient tout leur sens. Pendant de longues années, il a pratiqué, transpiré, chuté, persévéré. Il est allé plus loin encore, en transmettant cet art, en donnant des cours, en apprenant aux plus jeunes la rigueur, le respect, le courage. Le judo n’était pas pour lui qu’un sport : c’était une véritable école de vie.
Sébastien, c’était aussi un travailleur, un homme debout.
Un battant, capable d’affronter les tempêtes. Serviable, présent, toujours prêt à donner un coup de main sans rien attendre en retour. Et, en même temps, c’était aussi un caractère bien trempé. On ne lui faisait pas faire ce qu’il ne voulait pas. Sa volonté était solide, parfois têtue, mais elle faisait aussi sa force et sa singularité.
Et puis il y eut une rencontre qui a tout changé.
Lors d’un tournoi de judo, il croise le chemin de Géraldine. Deux regards se rencontrent, une complicité naît, l’histoire se met en marche. Les années passent, l’amour s’enracine, et de cet amour naissent deux merveilleuses filles : Anaë et Téa. Sébastien devient alors ce qu’il aimait être par-dessus tout : un père.
Un père attentif, un père fier, parfois inquiet, comme tous les pères aimants. Il voulait le meilleur pour ses filles, il voulait les protéger, les voir grandir, et surtout les voir s’épanouir.
Sébastien était aussi un mari tendre et solide pour Géraldine. Sa famille était son port d’attache, sa fierté, son horizon.
La vie ne lui a pas toujours fait de cadeaux. Mais il ne s’est jamais laissé abattre.
Jusqu’au bout, il s’est battu avec dignité, avec force, avec un courage qui impose le respect. Il a tenu, il a résisté, il a avancé, même lorsque le chemin devenait difficile. Cette combativité restera pour vous un exemple.
Et puis, doucement, comme une flamme qui s’apaise après avoir brillé de toutes ses forces, il s’est éteint. Sans renoncer, sans jamais cesser d’aimer, il vous a quittés, laissant à chacun de vous la lumière de son souvenir.
Dans cet hommage à Sébastien, plusieurs voix comptent aujourd’hui, parce qu’elles sont celles de ceux qui l’ont aimé.
D’abord, la voix de Stéphane, son cousin.
Il a écrit quelques mots pour Sébastien, avec son cœur et leurs souvenirs partagés.
Lecture de Stéphane
Puis vient maintenant la voix de ses filles.
Aujourd’hui, c’est Anaë, la grande sœur, qui prend la parole.
Elle parle pour elle, mais aussi pour sa sœur Téa.
Téa aurait souhaité lire elle-même ces mots adressés à son papa, mais l’émotion est trop forte.
Malgré une émotion immense, Anaë a tenu à le faire : porter leurs voix, leur amour, et dire ces mots pour deux.
Texte de Téa :
Papa, Aujourd’hui est un moment très difficile pour moi. Tu es parti trop tôt, et ton absence laisse un grand vide dans mon cœur. J’aurais encore eu tellement de choses à te dire, tellement de moments à partager avec toi. Tu as été un papa important dans ma vie, et même si les mots me manquent, je veux que tu saches que je t’aime très fort. Ton souvenir restera toujours vivant en moi, dans mes pensées, dans mes souvenirs et dans mon cœur. Aujourd’hui, je te dis au revoir, mais tu ne partiras jamais vraiment, car une partie de toi restera toujours avec moi. Je t’aime.
Lecture d’Anaë
2 – Musique : “Je voudrais vous revoir” – Jean-Jacques Goldman
Mais il manque encore une voix, celle qui partageait sa vie au quotidien, celle de son épouse, Géraldine.
Elle aurait voulu lire elle-même ces mots à Sébastien. L’émotion est trop forte pour qu’elle puisse le faire aujourd’hui. Elle m’a donc confié ce texte. Ce sont ses mots, son amour, son témoignage. Je vous invite à l’écouter non pas comme ma voix, mais comme la sienne.
Mon chouchou,
Ces mots sont difficiles à écrire et insupportables à dire. Tu es parti.
C’est une énième épreuve pour toi, évidemment… mais aussi pour nous, pour notre famille et pour nos deux filles, Anaë et Téa. Grâce à toi, j’ai réalisé mon rêve d’être maman, et déjà pour cela, merci.
Malgré ta maladie et tes traitements, nous aurons eu le bonheur de partager de beaux moments en famille et de jolis souvenirs de voyages. Le plus beau, peut-être, restera la Nouvelle-Calédonie, avec ce bref passage au Japon, pays qui te plaisait tant.
Je suis fière d’avoir fait un bout de chemin avec toi, même s’il aura été trop court — et même si nous ne verrons pas ensemble mes fameux châteaux de la Loire (mais ça, sûrement, t’arrange…).
Parce que oui, tu avais ton caractère et ce n’était pas facile tous les jours. Mais tu étais quelqu’un d’aimant, de gentil et de serviable. Tu étais apprécié de tous : famille, voisins et clients.
Je voulais te dire, pour finir, que j’étais fière de toi. Tu t’es toujours battu et tu as enduré tellement de choses que c’était le moment : tu ne pouvais plus lutter. Même si je suis triste, je te comprends.
Ne t’inquiète pas pour nous. Avec les filles, nous sommes très entourées de toutes les personnes qui nous ont toujours soutenues et avec qui nous avons partagé de bons moments.
Je peux te promettre que nous allons essayer d’être aussi courageuses que toi pour traverser ce moment si difficile.
Je vais prendre soin de nos filles. Et toi, tu seras toujours avec nous, dans nos pensées et dans tout ce que nous ferons.
Je t’aime.
Géraldine
Dans ce moment de recueillement et de partage, je vous invite, si vous le souhaitez, à faire un dernier geste pour Sébastien.
Chacun pourra s’approcher de son cercueil, y déposer un mot, une pensée, un souvenir… ou simplement poser la main dessus.
Un dernier geste pour dire merci à cet homme de courage et de cœur, mais aussi pour lui dire au revoir.
3 – Musique : “Over the Rainbow”
Sébastien était un véritable battant. Chaque fois que la vie l’a mis à terre, il s’est relevé. Chaque fois que le chemin s’est assombri, il a trouvé la force d’avancer encore. Son courage, sa détermination, sa façon d’affronter les épreuves resteront pour chacun d’entre vous un exemple précieux, un repère lorsque vos propres routes deviendront difficiles.
Aujourd’hui, il vous faut accepter son départ, aussi douloureux soit-il, et garder en vous ce qu’il vous a transmis : ses sourires, sa générosité, sa façon d’être présent simplement, mais tellement intensément.
Sébastien s’en est allé, mais il ne disparaît pas. Il demeure dans les souvenirs, dans les éclats de rire, dans les histoires racontées autour d’une table, dans les yeux d’Anaë et de Téa, dans l’amour de Géraldine, et dans la mémoire de tous ceux qui l’ont aimé.
Avant de clore cette cérémonie, la famille souhaite remercier chaleureusement toutes les personnes présentes aujourd’hui. Votre présence, vos attentions, vos silences partagés sont un soutien précieux.
À la sortie de la salle, pour ceux qui le souhaiteront, une boîte sera disposée pour recueillir des dons qui seront remis à la famille. Il n’y a aucune obligation : chacun donnera selon ce que lui dicte son cœur.
Mesdames, messieurs, je vous invite à vous lever...
Et puisque le judo était sa passion, son école de vie, je vous laisse avec cette dernière image :
Sur le tatami de l’existence, Sébastien a combattu jusqu’au bout. Il a salué la vie avec respect, comme on salue son partenaire avant et après le combat. Son dernier salut, vous le recevez aujourd’hui avec émotion.
À vous désormais de prolonger son geste, de vous relever, de continuer votre chemin, en portant en vous sa force, son courage et son souvenir.
4 – Musique : “Tu es mon autre”